Outgames
À mon tour de faire mon petit billet sur les jeux se passant à Montréal. J'en avais pas parlé depuis, mais bon, des pressions extérieures se faisant sentir, mon bras a été tordu. De plus, avec les cérémonies de fermeture et tout et tout, commence à être temps de m'exécuter, en post-mortem d'un tel événement.
Est-ce que de tels jeux ont leur place dans le monde? Idéalement, non. C'est mieux d'avoir des jeux olympiques qui supportent tous et toutes, peu importe. C'était le message de Pierre de Coubertin, et il est bien entendu très facile de faire des rapprochements sur l'inénarable Grèce antique et les réputations des meurs homosexuelles de ce moment, même en vieille blague. Tout comme le Mondial s'affiche contre la discrimination et le racisme, un mouvement devrait se mettre en branle pour la tolérance à une activité qui ne fait pas de mal à personne et qui ne regarde que les gens qui ont de telles affinités. Les jeux ne sont pas que pour tous pays, ils sont de toutes races, toutes nationalités, toutes strates et niveaux de vie, et surtout, toute religion et toute orientation. Le travail est selon moi plus de faire accepter de tels athlètes dans les vrais jeux, pas dans un ghetto à côté.
Est-ce que c'est utile de les faire à Montréal? Du tout. Je faisais remarquer à des amis que nous avons une histoire de tolérance envers les homosexuels à Montréal. Non seulement avec un quartier entièrement dédié, mais en plus avec des grands noms que tous connaissent, tel que Guilda ou Mado. C'est donc dans un terrain de convaincus que les jeux se tiennent. Ceci dit, c'est aussi une sécurité pour les gens de tous pays, sachant qu'ils ne seront pas jugés, et c'est un très grand honneur reconnaissant la place de Montréal en tant que ville de tolérance et d'acceptation. En tant qu'hôtes des premiers jeux, c'est tout de même un honneur et beaucoup a dû être surmonté pour réussir à organiser de tels jeux, peut-être moins le temps de faire de la polémique. Une autre année.
Le niveau des compétitions, eh bien, il y en a qui sont très forts et la compétition relevée. À d'autres endroits, c'est moins reluisant. Habituellement, la majeure partie des sports ayant des grandes compétitions internationales grandement médiatisées ont étés boudés par les numéro uns mondiaux. Ça veut donc dire une vision un peu moins glorieuse de la chose. Mais l'organisation a été faite avec brio et même pour les compétitions avec moins de panache un souci du détail a été apporté pour ne pas faire sentir le compétiteur comme étant relégué au second plan.
Dommage qu'en tant qu'hétérosexuel bien convaincu (en fait, comme j'aime bien le dire, je suis un tiers homosexuel à peu près, je n'ai rien contre les gars du tout, aucune aversion, voire même que certains peuvent être assez beaux, mais un gars, ça ne m'excite pas - chose primordiale) que je n'ait pas remarqué plus de visibilité de ces jeux dans la ville hôte. J'y habite et c'est à peine pour dire que j'en ai entendu parler. Pas de gros événements publics, le tout relégué à certains quartiers, pas de visibilité hors des centres de compétitions, à peine remarqué quelques éléments supplémentaires au paysage en allant aux feux d'artifices. J'aurais imaginé une ville un peu plus transformée que ça pour l'événement.
L'organisation aurait du mettre un peu plus d'emphase aussi sur les cérémonies. L'ouverture était franchement mal organisée. Pour certains trop longue, pour d'autres trop politiques (mais c'était aussi l'endroit de faire une telle revendication - dommage que ça vienne ternir l'image internationale), très mal filmée. C'est beau les fondus passant de la cheville d'un acrobate à une vue d'ensemble dans le 10% en bas à gauche de l'écran avec un effet de flou … mais la belle vision artistique, c'est pas une bonne idée. On veut voir ce qui se passe sur scène, pas être dans un tableau artistique. SVP, laissez les caméramans à Musique Plus, et surtout, pour le montage en-ligne, quelqu'un de renommé, pas le fils du beau-frère à la cousine. Tous sont toutefois sortis emballés par la prestation des deux acrobates à la fin, pas juste une épreuve de force, de la beauté et une recherche artistique très claire.
Somme toute, sans entrer dans les détails, je considère qu'il y a bien peu de désavantages réels, plusieurs points neutres et quelques avantages, c'est donc statistiquement dans le positif. Pour le reste, c'est une mission à définir et un message à faire passer. En supplément, des retombées économiques et une fleur supplémentaire à la boutonnière de Montréal (on est les premiers). On s'entend toutefois: lâchez-nous avec les "par-dessus l'arc-en-ciel", pas que c'est pas cute, mais bordel. Pour laisser avec une bonne raison de continuer: le fait relaté par un de mes amis Musico-traductien (si vous connaissez, vous allez reconnaître
) d'une voiture arborant les drapeaux d'un pays et abritant de son toit ouvert des compétiteurs criant leur joie avec les médailles au cou et le sourire fendu jusqu'au soleil. Si ce n'est pas ça la fierté gaie, je sais pas ce que c'est.

Hmm… Je me demande bien qui c'est ami…
Excellent billet, Michel.
Et puis, il fallait les commencer quelque part, ces Outgames. La ville suivante veut faire encore mieux.
Un jour, peut-être qu'on n'en aura plus besoin… Je crois qu'idéalement, c'est à souhaiter.
Commentaire by René — 12 August 2006 @ 18:03