Hier, je me suis rendu au Club Soda pour ma visite annuelle artistique. Nous étions un petit groupe de sept fanatiques au balcon droit (Gauche pour les artistes, ou pour éviter tout quiproquo le coté cour), tous fanas d'Émilie Simon et appréciateurs d'Ariane Moffatt (ça tombait bien). Sans compter l'excellence du spectacle de Mlle. Moffatt, je vais me concentrer sur la nouvelle venue à Montréal.
Ça faisait déjà depuis son premier album que Claude et moi l'avions découverte, à l'aide de son magique petit vidéoclip Flowers. Depuis, on a toujours été séduits de ses disques, de son style peu commun (que certains comparent à juste titre à l'exubérance de Björk), et malgré l'absence au Québec de tout album édition limitée ou des vidéos, ou même du contenu Opendisc (tant mieux d'un sens, les protections, c'est chiant … mais dommage pour le contenu additionnel), on reste des fanas inconditionnels et on achète tout ce qui bouge.
Alors avant-hier midi, merci à Monsieur Gagnon, j'écoute à la radio une petite entrevue avec Mlle. Moffatt et Mlle. Simon, et ils indiquent que cette dernière allait se produire en tant que DJ improvisée au Shag. Bien évidemment Claude et moi nous y sommes rendus, accompagnés de Flood. On est restés une bonne heure et demie avant de laisser la place aux gens moins fortunés attendant dehors. On a pu se rassasier de son sourire, de musique semi-ambiente, de voir tous ses musiciens qui parlaient autour de nous, etc. Pour avoir été à la table du devant (côté jardin cette fois-ci) pour si longtemps, c'est le rêve.
Ceci dit, ça a fait rejaillir l'esprit "fan-girl" total de Claude, qui ne se tarissait plus d'éloges à son propos. Dire que le spectacle officiel était le lendemain. Ah là là.
Donc, nous nous sommes retrouvés le lendemain soir à prendre une bonne tonkinoise au Pho Cali, suivi de notre entrée par la grande porte au Club Soda (merci qui pour avoir pu éviter la foule?), de la recherche désespérée pour la meilleure place (moi j'appelle ça des poules pas de tête, confirmé par mon voisin de banc) d'abord en bas, ensuite en haut centre, ensuite en haut jardin, pour finalement s'arrêter sur en haut cour, quelques uns à chaque étage. Et finalement, nous étions bien installés.
Premier commentaire, aussi applicable pour le Shag : merci pour la loi contre les cigarettes dans les salles et bars. On pouvait respirer! Ô Mirâcle! C'est d'ailleurs la seule raison pour laquelle je permettais de me rendre au balcon, sinon, je serais resté au plancher des vaches.
Finalement, vous tous avides d'histoire longue, nous arrivons au dénouement. Le spectacle en tant que tel. Nous avons eu droit à un spectacle d'environ une heure trente, avec rappels et chansons supplémentaires, non non pas pour tout le spectacle, pour la première partie seulement !!! Jamais vu ça moi. C'était réellement comme avoir deux spectacles en un. Ça valait nettement le prix dérisoire du billet. Ensuite, pour la partie principale, une bonne heure encore de spectacle, avec invité, prestation Dance et finale en feu de camp. Minuit trente, nous sortions de l'endroit.
Comment était la première partie? Incroyable à tous points. Une salle qui s'est conquise rapidement, voire même déjà conquise d'avance. Un spectacle parfois intime, parfois exubérant. Des musiciens complétement disjonctés (dont un qui a trop écouté Superman 3, un autre qui doit fumer son balai de paille avant chaque représentation, un violonceliste fou et un guitariste-bassiste dément), et bien entendu une artiste au sommet de ses moyens. Pour qu'une nouvelle venue à son premier spectacle sur un continent, dans un style spécial ne tournant pas vraiment à la radio, faisant une première partie en plus, ait droit à une ovation debout en plein milieu de sa prestation, pour qu'elle ait à faire un rappel sinon on casse tout, faut quand même le faire.
On a eu droit à la majeure partie de son dernier album et des chansons de ses deux premiers albums aussi (dont quelques versions modifiées comme pour I wanna be your dog, excellent et si sensuel pour le début). Bref, un moment qui était difficile à briser à la fin du spectacle.
Après cette première partie haute en couleurs, une petite pause pour que les techniciens installent le deuxième spectacle en hâte (pauvres eux! Deux spectacles avec des douzaines d'instruments, effets, ordinateurs, etc.) et un spectacle fort à la hauteur pour Ariane, qui s'est très dignement défendue aussi. Mais je vais laisser ses fanas la chance de s'exprimer pour cette dernière.
J'ai bien apprécié disons.
En épilogue, lors du retour en métro et pendant de longues heures après le spectacle, j'ai eu droit à des "mais qu'elle est donc jolie, sa robe était exactement dans mes goûts aussi, et elle chante donc bien, et ses musiciens sont tellement bons, et j'ai hâte qu'elle revienne, et dommage que je ne puisse pas aller la voir demain, etc etc etc". Ouf, elle en changerait d'orientation sexuelle, je crois! Donc après tout ça, elle s'est décidée d'aller lui porter des fleurs (Hommage à Flowers, elle ne reste pas à Montréal) et une carte aujourd'hui, en tant que vraie fan-girl qui revit un trip d'adolescente qu'elle croyait perdue, elle n'a signée la carte que de son surnom, Lily (et Belzébuth, bien sur). Rien de plus. On aurait pu lui parler au Shag, on ne l'a pas fait. On aurait pu rester après le spectacle pour la féliciter, on ne l'a pas fait. On aurait probablement pu lui parler avec les fleurs aussi, on ne l'a pas fait. J'aurais pu leur demander d'enregistrer en bootleg officiel (si si ça se fait) le premier ou même le deuxième spectacle, je ne l'ai pas fait.
On va respecter ce moment de magie qui va rester gravé dans nos mémoires longtemps. Même moi qui aurait pu aller au deuxième spectacle ce soir, je n'irai pas, c'était parfait et ne peux avoir de meilleurs souvenirs.
En souhaitant qu'elle revienne bientôt.
